Les patrons font leur cinéma

Les patrons font leur cinéma

Les patrons font leur cinéma

En ce début d’été, faisons une pause avec une parenthèse dans le septième art français.

Catherine DENEUVE vient d’être choisie pour recevoir le Prix du festival Lumière en octobre prochain dans le cadre du festival de cinéma lyonnais. Une première car c’est une femme. La fête du Cinéma ayant battu son plein la semaine dernière, c’est l’occasion de se rappeler d’un de ses rôles phare de ces dernières années avec “Potiche“.

Dans ce jubilant film de François OZON, Catherine DENEUVE jouait le rôle de la femme d’un patron de PME industrielle, contrainte de diriger l’entreprise de son souffrant mari. Une vision rare et atypique du patron d’entreprise dans le cinéma français car le rôle était plutôt celui d’une humaniste, à l’écoute et tentant de développer des forces collectives.

Je représente un patronat, souriant, juste, chaleureux“.

Quant à la vision originelle du chef d’entreprise, joué par Fabrice LUCHINI, elle était plus proche de la représentation fréquemment constatée dans le cinéma français.

En effet, les scénaristes sont souvent peu tendres avec les dirigeants d’entreprise. Tout comme ils ne le sont pas avec les DRH.

Morceaux choisis des représentations, ou plutôt des stéréotypes véhiculés sur la pellicule.

Des patrons odieux et injustes

Bien entendu, le premier nom qui vient à l’esprit est celui de Louis de Funès tant il a joué les rôles de patrons hystériques et paranoïaques dans de nombreux films.

En tête

  • le Grand Restaurant
  • l’Aile ou la Cuisse
  • Hibernatus
  • la Zizanie

Qu’il soit industriel ou restaurateur,  le chef d’entreprise est alors grimé sous les traits d’un homme (toujours!), irascible, avare, injuste envers ses employés, et souvent raciste. Une vision très parcellaire et très étroite dont l’intérêt est surtout de jouer sur le ressort du comique de situation.

 

Des patrons uniquement tournés vers la réussite

L’autre trait révélateur du cinéma français dans sa perception du patron est celui du dirigeant d’entreprise n’ayant qu’un seul but : devenir puissant et riche. La dimension “manager”, “meneur d’hommes” est totalement occultée et n’existe que par le prisme de la maltraitance subie par les salariés.

Cette représentation perdure, depuis les années 50, avec, par exemple, un Jean GABIN sacrifiant même son fils pour son entreprise dans les “Grandes Familles” ou, dans les années 80, dans “Que les gros salaires lèvent le doigt !“, un cynique patron invitant ses cadres un week-end dans sa maison de campagne pour décider lequel d’entre-eux il licenciera.

L’incarnation la plus extrême se rencontre dans les années 2000 avec “Louise MICHEL” : un patron délocalisant son usine dans la nuit ce qui conduira les ouvrières à le faire assassiner.

Une très fort contraste entre les grands patrons et les petits patrons

La vision des patrons des PME et TPE change radicalement avec l’arrivée du chômage, et la France des années 80. Le cinéma s’en empare dans les années 90 et place plutôt le dirigeant de TPE ou PME sur la scène des victimes.

S’ouvre alors un gouffre entre les petits chefs d’entreprise de sociétés en difficulté et humanistes contre les dirigeants de grands groupes, déshumanisés.

L’incarnation la plus populaire reste celle de Pierre JOLIVET avec “Ma petite entreprise“, porté par Vincent Lindon, artisan humain et désespéré, broyé par la société et contraint de tomber dans l’illégalité pour sauver sa peau.

Dans le même état d’esprit, dans les “Émotifs anonymes” de Jean-Pierre AMERIS, le patron d’une petite chocolaterie au bord de la faillite, est représentée par un patron sensible et amoureux.

Au contraire, les dirigeants de Grands Groupes continuent de représenter des âmes désincarnées, et inaccessibles. A nouveau JOLIVET traite le sujet à travers une fable inspirée de David contre Goliath : la “Très très grande entreprise” permet de croire que l’on peut encore s’opposer et se battre. Une vision volontairement traitée sur le ton de l’humour, mettant en scène des enjeux écologiques, à rapprocher de la plus sérieuse mais magnifique américaine “Erin Brockovich“.

Les dirigeants des grandes entreprises sont d’ailleurs très peu souvent joués par des acteurs : les metteurs en scène choisissent particulièrement de faire ressentir l’absence d’humanité des patrons en ne les faisant pas intervenir directement. Ils n’existent alors que par l’œil des salariés ou par le biais de leurs managers, leurs DRH,  souvent des pions au service du grand patronat.

C’est le cas dans deux films emblématiques du cinéma français de la fin des années 90, début des années 2000, aux titres très froids et évocateurs : “Ressources Humaines” de Laurent CANTET et “Violence des échanges en milieu tempéré” de Jean-Marc MOUTOUT.

Jalil LESPERT et Jérémie RENIER, personnages centraux des films, incarnent alors deux jeunes diplômés de grandes écoles, jeunes, provinciaux, qui vont devoir servir les intérêts de grands groupes au détriment de leurs proches. Dans ces films, les patrons sont perçus comme des êtres tueurs et carnassiers sans qu’il ne soit nécessaire de les représenter par des acteurs. Ils n’ont même pas vraiment de nom et représentent le Tout-Puissant face aux salariés démunis et victimes.

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Ainsi, le cinéma français choisit souvent de faire jouer le rôle de “bad cop” aux patrons français.

Pierre JOLIVET a tenté d’expliquer les choses ainsi   “un bon patron qui aurait un bon DRH pour que tout se passe bien dans son entreprise, évidemment, ça existe, mais, hélas, ça ne fera jamais un bon sujet de film! En conséquence, il sera sans doute difficile de trouver des DRH très humains dans le cinéma”.

Néanmoins, laissez-nous espérer que les patrons et managers de la fonction RH puissent trouver une histoire enthousiasmante et positive, bien loin de “Merci patron !” de François RUFFIN.

Car, clairement, dans la vraie vie, nombre d’entre eux ont des actions louables, valeureuses et tournées vers l’humain!

 

 

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